Google Documents et les navigateurs : de l'inaccessibilité dans l'air
Par Victor Brito, le mardi 24 juin 2008, à 21h54 - Catégorie Accessibilité - Lien permanent
Dans le cadre de mes activités professionnelles, je suis appelé à utiliser Google Documents, notamment pour consulter des plannings affichés sous forme de tableur. S'agissant d'une application en ligne, j'utilise mon navigateur préféré qu'est Opera. Quelle n'est pas ma consternation lorsque, tout en haut de la page affichant ce que je veux consulter, je lis un message d'avertissement.
Le message d'avertissement dit ceci : Actuellement, vous consultez Google Documents en mode HTML normal. Utilisez un navigateur pris en charge pour modifier et partager des documents en temps réel.
Les termes « utilisez un navigateur pris en charge » forment un lien pointant la page du Centre d'aide de Google Documents sur la configuration système requise, qui dit ceci :
Si vous accédez à Internet au moyen d'un ordinateur sous Windows, Macintosh ou Linux, Google Documents fonctionnera avec les navigateurs suivants :
- Internet Explorer 6.0+ pour Windows
- Firefox 1.07+
- Safari 3.1+
Google Documents n'est pas pris en charge et ne fonctionnera sans doute pas avec :
- Firefox 3
- Versions de Safari antérieures à la 3.0
- Internet Explorer (Mac) ou Internet Explorer 4 (Windows)
- Opera
- Mozilla
- Netscape
Quel que soit le type de navigateur, vous devez :
- activer les cookies
- activer JavaScript
Que l'on oublie Internet Explorer 4, Internet Explorer Mac ou Netscape, passe encore ; mais, qu'on exclue les utilisateurs d'Opera et, surtout, ceux de Firefox 3 (dont la version finale est sortie la semaine dernière), c'est à la limite du comble, qu'on ait ou non oublié de mettre à jour la notice du support. Et que dire de ceux qui veulent consulter leurs documents en tableurs en ligne depuis leur portable (où l'on peut aisément tomber sur un navigateur figurant sur la liste des exclus ou dont le support de Google Documents ne dit mot) ?
Bref, c'est dommage que Google Documents pèche par manque d'accessibilité du point de vue logiciel, d'autant plus qu'il s'agit d'une application très intéressante pour ce qu'elle propose, et ce en n'ignorant pas qu'il existe des formats ouverts et interopérables comme ODF.



Commentaires
Aucun problème sur Firefox 3.
Quelle est la version d'Opera utilisée ?
Ca fonctionne très bien chez moi sur la 9.5 (dernière version).
C'est aussi la version 9.5 d'Opera que j'utilise. Et, malgré l'avertissement, je peux consulter les tableurs en lecture sans problème particulier. Étrange…
L'accessibilité n'est il pas de fournir une version alternative fonctionnel pour les utilisateurs "alternatif". Dans ce cas, l'accessibilité est bien respecté.
P.S.: j'ai eu le même problème que toi avec opéra, mais firefox 3 aucun problème.
Comme certains points de contrôle du WCAG le prévoient, en dernier recours, en effet. Mais, l'accessibilité concerne également les équipements en matière de logiciel et si l'application n'excluait pas des navigateurs ou des systèmes d'exploitation susceptibles d'être utilisés parce qu'ils sont toujours développés et régulièrement mis à jour, il y aurait davantage d'accessibilité, même s'il ne s'agit pas d'un point aussi critique que les alternatives aux images.
Je fais l'avocat du diable mais le WCAG s'intéresse aux contenus, mais est ce qu'une application est réellement un contenu ?
Plus généralement, cela revient à poser la question est ce que tous logiciels doivent forcément être multi-plateforme ?
En soi, non. Mais, une application est amenée à proposer, voire à générer, du contenu. Quant aux logiciels, s'ils sont en ligne, mieux vaut qu'ils soient multi-plateformes, d'autant que le Web, ne l'oublions pas, tient sa force de son universalité.
De plus, les directives d'accessibilité ne se réduisent pas à celle des WCAG : il y en a d'autres qui traitent de l'accessibilité des outils d'édition, de l'accessibilité des agents utilisateurs (dont les navigateurs), et même de l'accessibilité des applications Internet riches.
Soit dit en passant, il n'y a aucun mal à faire l'avocat du diable.