Google Chrome : quelles conséquences pour le marché des navigateurs ?
Par Victor Brito, le jeudi 4 septembre 2008, à 21h20 - Navigateurs - Lien permanent
À présent que Google Chrome est sorti en bêta, on est en droit de s'interoger sur l'évolution des parts de marché des navigateurs concurrents.
Certains, considérant que Chrome est un navigateur open source, se demandent s'il ne fera pas de l'ombre à Firefox, lui aussi open source. C'est difficilement vraisemblable, d'autant plus que, quelques jours avant la sortie de Chrome, Google et la fondation Mozilla ont reconduit, pour trois ans, leur contrat (qui permet, notamment, de faire de Google le moteur de recherche par défaut utilisé par Firefox). Tristan Nitot, analysant le fait que Google délivre ses services à plus de 60% des utilisateurs via le navigateur Internet Explorer
et qu'il se trouve en concurrence frontale avec Microsoft dans le domaine des moteurs de recherche et de la publicité en ligne, conclut qu'en sortant Chrome, Google vise à détrôner Internet Explorer, pas Firefox
.
Fort de cette analyse, un article de The Inquirer ose même affirmer, non sans humour, qu'Internet Explorer n'est plus définitivement has been, mais qu'il est officiellement mort !
En tout cas, il sera fort intéressant de surveiller de très près les parts de marché des navigateurs pour les prochains mois, d'autant que Google jouit d'un quasi monopole (surtout en Europe) dans le domaine de la recherche sur le Web, que la page d'accueil de Google contient un lien invitant à télécharger Chrome, que Chrome est disponible, dans un premier temps, uniquement sous Windows (Windows XP SP 2 au moins, ainsi que Vista, pour être plus précis), le système d'exploitation qui jouit aussi d'un quasi monopole, dans son domaine, et que la bêta 2 d'Internet Explorer 8 déçoit pour sa consommation de mémoire, bien plus élevée que celle d'IE 7 ; sans oublier que, pour certains, Google est un Microsoft en devenir, et en plus brillant (que l'on considère ces allégations comme du troll ou comme des propos ayant un fond de vérité).
Soit dit en passant, lorsqu'on cherche le mot chrome sur Google, ce dernier retourne une première page de résultats où la page d'accueil de Google Chrome est non seulement très bien positionnée (elle arrive en troisième position à l'heure où je rédige ce billet), mais bénéficie aussi d'un lien commercial placé tout en haut. On n'est pas bête chez Google… 


Commentaires
Les utilisateurs de Firefox savent changer de navigateurs : certains vont donc passer à Chrome.
Les utilisateurs de IE soit ne savent pas soit ne peuvent pas (en entreprise) passer à autre chose. Beaucoup resteront donc avec ce sale outil.
On se dirige donc vers une domination des outils web par Google, Microsoft et Apple.
Il est préoccupant d'utiliser des outils contrôlés par une firme plutôt que libres. C'est parce que la firme (par essence) ira aussi loin que possible pour gagner autant d'argent que possible. Déjà Google verrouille la concurrence sur le Web et vous surveille sans Chrome.
À l'opposé, une "fondation" a d'autres buts. Pour le logiciel libre cela comprend la liberté des utilisateurs et des développeurs.
En l'occurrence Google et Mozilla sont partenaires. Il y a donc un problème de diversité : Google progresse dans le contrôle des moteurs et des plateformes web.
Google pourra être attaqué pour entrave à la concurrence mais ce sera trop tard (comme ce le fut pour Microsoft avec Windows).
On peut contribuer à maintenir la diversité en poussant les internautes à utiliser Firefox.
Il n'est pas exclu, en effet, que certains utilisateurs de Firefox utilisent Chrome, même par simple curiosité et par souci de comparaison avec leur navigateur favori.
À propos d'outils contrôlés par une firme, que dire d'Opera ? Faut-il mettre la société Opera Software dans le même panier que Microsoft, Google et, dans une certaine mesure, Apple ? Même si la firme norvégienne est parvenue à décrocher des contrats avec, notamment, Nitendo, elle ne peut être comparée aux trois mastodontes précédemment cités. De plus, Opera, même si c'est un navigateur propriétaire, peut encore être intéressant pour ceux qui cherchent un navigateur alternatif sans s'embarrasser d'extensions (je dis cela sans vouloir dénigrer Firefox, qui aura eu le mérite de rouvrir la voie du choix en matière de navigateurs
).